Itinéraire Bogotá-Manizales (Gallinazo) à Vélo !
- 22 avr. 2017
- 5 min de lecture
Échauffement
Descente de Bogotá et Plaine des "Terres Chaudes".
Il est 4h30 du matin lorsque le réveil sonne et que nous finalisons les préparatifs du départ ! En effet, pour ce premier jour de trajet, je suis accompagné de mon hôte Bogotanais ainsi que de son amie. C'est comme si je partais de nouveau en voyage. Perte d'une nouvelle zone de confort, excitation du Périple, appréhension. Cela reste un excellent exercice que d'avoir l'opportunité de quitter son quotidien. C'est là où l'esprit est le plus curieux, le plus tolérant, le plus ouvert et donc le plus fructueux.
Ce premier jour fût intense. Après une matinée de pédale, nous avons déjà changé de climat. C'est que nous nous dirigeons vers la plaine du fleuve Magdalena, le plus grand de Colombie ! Parfois nous devons grimper quelques premiers sérieux cols, parfois nous filons dans les montagnes à coups de freins incessants, entre végétation luxuriante et nuages piégés. Impressionnant et magnifique ! Nous nous arrêtons finalement à San Juan de Rioseco situé à 1200m d'altitude, après un dénivelé négatif de 1400m et 110km parcourus. Je ne pense pas faire cette performance tous les jours, encore moins seul et en montée ! Voici en fin de journée le magnifique point de vue au soleil couchant nous dévoilant San Juan de Rioseco à la sortie d'un virage. Une petite perle dès le premier jour de trajet.

San Juan de Rioseco
Le lendemain matin, après le départ de mes compagnons, je me retrouve seul au bord de la route. Je prends donc le temps d'immortaliser ce moment, entre émotion forte d'un adieu d'un ami et stimulation du début de l'aventure. En tout cas, je ne suis pas déçu de cette dernière ; une forte pluie s'abat sur moi juste quelques minutes après ! Me voilà déjà confronté à des situations peu confortables. Tu l'as voulu, tu l'as eu !


Descente vers Cambao
Après une descente plutôt rapide, j'arrive donc à Cambao, un village aux abords du fleuve Magdalena. Il n'est que 10h30 et il y fait facilement 30 degrés. Arrivant de l'altitude et ayant profité de la fraîcheur du vent de la descente, le changement est brutal ! Je décide donc d'y rester jusqu'à 16h, heure où laquelle la température s'abaisse de nouveau.
Finalement, je passe la journée à discuter avec les locaux, à profiter de l'ombre et de leur curiosité ! Une famille me propose de poser mon campement sur leur terrasse abritée. Je passerai alors une première soirée inoubliable, découvrant la bonté humaine malgré des situations de pauvreté et de deuil. Une vraie leçon de vie. Au petit matin, après une discussion des plus épanouissantes avec la mère de famille, je continue mon trajet pour découvrir les rizières de la plaines. Je décide de ne pas passer par Armero sous le conseil de cette dernière. En 1985, cette ville fut dévastée par une éruption du volcan du Nevado del Ruiz. Par l'explosion de celui-ci, une partie du glacier se transforma en un éboulement de sol géant, décimant la quasi-totalité de la population de ce village. Aujourd'hui, village fantôme, il serait plutôt mal fréquenté.

Plaine du Rio Magdalena
Ascension et Paramo
4000m de dénivelé positif
Les premiers moments d'ascension furent d'une difficulté intense. C'est qu'après 2 jours de descente ou du plan, j'ai eu tendance à vouloir aller trop vite. A 20 minutes de pédale se sont en-suivies 15 minutes de récupération... Finalement, ce sera aux alentours de 5 km par heure que je trouverai mon rythme d'ascension.
Au cours de celle-ci, tout comme cela le fut pour la descente, les changements de paysages furent significatifs. Je quitte le climat chaud de la plaine, traverse de nouveau une végétation luxuriante pour découvrir les premiers paysages caféiers et les près des vaches andines.
Je vous laisse aussi découvrir la beauté des fourmis au travail, du pur land art !



Ascension des 3000 m premiers mètres


Fourmis et file indienne !
Après avoir fait une halte à Libano en profitant de son église et sa place, je m'arrête à Murillo, découvrant des façades authentiques, un cimetière particulier ainsi qu'une belle cascade à l'eau froide ! A 3000m d'altitude et descendant du troisième mont le plus haut de Colombie (5400m), le plouf dans cette eau avec des amis voyageurs fut bref mais mémorable !


Place et Église, Libano


Façades colorées, Murillo


Cimetière, Murillo

Cascade El silencio, Murillo
Accueilli dans la ville par un guide du parc naturel des Monts neigeux (Los Nevados), je sympathise avec lui et ai la chance de passer plusieurs jours chez sa famille. J'y rencontre ses parents et bénéficie de leur attention, de leurs sourires, de leur gentillesse. En leur dédiant mon temps et mes mains, je découvre leurs habitudes, leur vie des plus simples, leur engagement pour un monde meilleur malgré leur modeste ferme.
Je porte une estime des plus sincère à ces "petits gens" qu'ils incarnent.


Ferme familiale, Murillo
Enfin, après cette semaine de pause au niveau des nuages, je reprends l'ascension des 1000 m restants. Bien que la route est de -très- mauvaise qualité, les paysages et le repos des jours précédents me rendent la tâche plutôt facile. Ce fut tout de même deux jours de fine pluie constante, de brume aux silhouettes inquiétantes. Je passa la nuit dans une maison abandonnée, détruite par la guérilla selon un paysan. Merci à ce dernier de m'avoir aidé à allumer un feu, pour se réchauffer d'une journée de pluie. Les gens sont bons.



Paramo, Route du Nevado del Ruiz
Oscillant autour des 4000 m d'altitude et l'ayant imaginé, attendu et recherché pendant des jours, le glacier du Nevado del Ruiz se dévoile à moi. Je ne réussis à en tirer que cette image. Alors que la frustration de ne pas pouvoir le contempler aurait pu être prédominante, ce fut au contraire un instant de beauté et de sensibilité que m'offrit cette vue. Tout comme autrefois, où à la vue d'une cheville féminine, les hommes étaient séduits.

Aperçu du volcan et glacier Nevado del Ruiz, route du Nevado del Ruiz
Pour conclure, je finirai sur cette simple photo, prise quelques mètres après avoir retrouvé une route bitumée, signe de la fin du tronçon isolé. Vous pourrez y avoir un aperçu de la météo de ces deux jours à 4000 mètres d'altitude ! A partir de cet endroit, ce fut plus d'une heure de descente pure jusqu'à Gallinazo où vous pourrez bientôt découvrir un habitat alternatif et d'autres anecdotes !

Goudron et civilisation, Route du Nevado del Ruiz
Merci les curieux et à Bientôt !
Trouvez l'intégralité des articles propres à ce voyage sur la page "De la Colombie au Pérou" !




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